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Chronique Politique sur le football

Le football constitue un véritable phénomène de masse, c’est un spectacle dont l’audience ne cesse de croître. De par son impact populaire, il entretient des liens forts avec la politique. D’ailleurs entre sport et politique, l’on note une certaine similitude. Terrain d’affrontement physique et terrain d’affrontement idéologique. Des deux côtés il y a un vainqueur et un vaincu.  Et Chaque peuple investit dans son équipe nationale beaucoup de fierté beaucoup d’espérances et se donne des occasions d’exorciser symboliquement des drames de son passé. Nul doute que la bonne chevauchée des étalons a mis du baume dans le cœur des burkinabé. Même si le rêve a été brisé par les pharaons.  Les ardeurs sociopolitiques étaient adoucies. Pour une fois encore. Les burkinabé parlaient le même langage.  Les équipes sont souvent présentées comme le miroir du pays. Qu’elle se porte bien  et son prestige rejaillit sur les politiques. En revanche, ses contre-performances alourdissent le climat général. Imaginez un tant soit peu les spéculations politiques qui pouvaient se développer, si les étalons remportaient cette coupe. Le football est un puissant moyen politique que ce soit sur le plan local ou international. Aucun régime totalitaire ou autoritaire ne néglige, ce moyen de propagande. Les responsables politiques l’utilisent souvent  comme facteur de cohésion sociale, ou à des fins politiques.  La preuve, les meetings des partis politiques au Burkina sont  très souvent précédés de match de football. Et chaque élu local ou autre homme influent des collectivités se forge d’organiser un tournoi  en son nom pour soi-disant, tisser les liens de la cohésion sociale. Alors que les intérêts ne sont pas cachés. Pérenniser son influence et s’assurer de sa future élection. L’histoire du football montre qu’il peut aussi servir de moyen diplomatique pour résoudre certains différents. La réussite pacifique du match Etats unis d’Amérique -Iran à la coupe du monde 1998 remporté par l’Iran a accéléré le processus de rapprochement diplomatique entre l’Amérique de Clinton et l’Iran des Mollahs. S’il est vrai que le football est un instrument conciliateur. Il est aussi vrai qu’il peut être victime de son aura, en ce sens qu’il est trop souvent instrumentalisé par les régimes au pouvoir. Quand le nationalisme prend le pas sur un certain fanatisme, des problèmes graves peuvent apparaître dans les relations entre nations. L’on a en mémoire  le coup d'envoi d'une guerre qui reste sous le nom de Guerre du football en match de barrage en 1969 pour accéder à la phase finale de la Coupe du monde 1970 lorsque le Salvador s'impose 3-2 face au Honduras. Dans la foulée de cette victoire, le Salvador envahit le Honduras afin de régler un ancien conflit frontalier. 2 000 morts et cela ne règle pas le problème entre les voisins. Et que dire, Lorsque les Croates du Dinamo Zagreb reçoivent les Serbes de l'Etoile Rouge de Belgrade le 13 mai 1990. Le fragile équilibre tissé par Tito entre les six Républiques qui composent la Yougoslavie ne tenait qu'à un fil. La violence qui explose ce soir-là ouvre un boulevard à la haine, à la guerre et la purification ethnique. En ce qui nous concerne, grâce aux étalons l’on retient que les burkinabé peuvent toujours regarder dans la même direction. La flamme de fierté d’appartenir au Faso quand cela implique l’honneur du pays est restée vive. Vivement que cet engouement se ressente aussi, autour de la recherche du bien-être social.

 

                                                                                                                                                                                                   Wendyam Achille KAboré



06/02/2017
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